Questions / réponses  |  Le 18-11-2010

Famille juive : métier de la femme et éducation des enfants


Question : Mon épouse a fait médecine pendant quatre ans avec succès. Aujourd'hui elle attend notre troisième enfant et nous nous demandons s'il serait sage de continuer ces études qui demandent beaucoup d'efforts, ce qui serait certainement au détriment des enfants, ou bien changer d'orientation en devenant enseignante, elle est bonne dans ces deux domaines mais elle est bien plus attirée par la médecine, doit-elle y renoncer pour le bien des enfants ?

Réponse :

J'ai beaucoup apprécié votre question car j'y vois une bonne base de votre mode de vie. Votre épouse a entrepris ses études il ya quatre ans, ce qui ne vous a pas empêché de continuer à vivre en fondant un foyer avec des enfants. Je comprends que les deux premiers sont nés pendant les études et c'est ce que je considère comme une bonne santé mentale. En effet, on peut toujours trouver des excuses valables alors que quand il s'agit de créer une famille, il faut avoir une vue d'ensemble à un niveau basé sur la foi et la confiance que les enfants sont la raison de la réussite et non pas un élément dérangeant.

Pour en revenir à votre question, vous l'avez présentée comme s'il y avait d'un côté une inquiétude pour les enfants, donc l'obligation de renoncer au études ou le contraire, ce qui laisse entendre que ces études vont certainement vous obliger à délaisser vos enfants ou tout au moins considérer les études comme prioritaires par rapport aux enfants. C'est vrai que nous rencontrons des cas où les parents surtout intéressés par leur carrière rejettent leurs enfants au deuxième plan. La famille en arrive à louer les services d'une personne en remplacement de la mère qui s'occupera de tous les besoins de la maison, ménage, cuisine, enfants, les menant à l'école et les attendant quand ils reviennent, la mère étant occupée à l'extérieur. Il est évident que ce n'est pas la bonne solution, chaque famille devant absolument définir l'essentiel et le secondaire et consacrer le plus de temps possible à l'essentiel et juste le temps qu'il faut au secondaire. Dans votre famille c'est différent, vous ne pensez pas à une "carrière" mais au contraire vous considérez la famille comme une valeur supérieure, c'est pourquoi votre épouse est prête à envisager d'abandonner une voie qui lui tient à cœur. Il faudrait ajouter un autre élément à vos réflexions c'est la particularité de la profession choisie : femme-médecin qui observe les mitzvot, Barouh Hachem il en existe quelques unes, des spécialistes et certaines bien connues, mais chaque nouvelle recrue enrichit ce groupe. Donc en fait, nous avons devant nous deux possibilités de mission, la première étant familiale, agrandir la famille et lui consacrer amour et attention, la deuxième étant pour la collectivité en renforçant le groupe bien spécial de médecins-femmes-religieuses, il y a là un message important car un tel groupe peut provoquer une réforme dans le monde médical. Le médecin qui sait qu'il est l'envoyé de D… est bien différent de celui qi travaille sans cette foi, c'est pourquoi il est bon d'envisager la possibilité d'accomplir les deux missions à la fois.

Pour réussir il faut programmer les années à venir à court terme et à long terme, terminer les études de médecine qui demandent une attention particulière, ce sera une période de quelques années pendant laquelle la famille est appelée à faire un effort pour aider la maman à terminer ses études. Par la suite elle pourra arranger son emploi du temps en donnant priorité aux besoins de la famille sans pour autant délaisser sa mission publique.

On peut réussir dans cette voie et si vous le voulez Hakadoch Barouh Hou vous y aidera.

Traduit et adapté par Le Rav Nissim Atiyas - Directeur des institutions d'Elon Moré

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