Questions / réponses  |  Le 18-11-2010

Eduquer les enfants dans les frapper selon le Judaïsme


Question : Nous sommes mariés depuis dix ans et pendant tout ce temps nous n'avons jamais suivi de formation pour éduquer les enfants, c'est probablement pourquoi nous avons appliqué la seule punition que nous connaissions et nous les avons beaucoup frappés. Ces derniers temps nous avons écouté des leçons d'éducation et nous avons compris qu'il existe certainement une meilleure façon d'éduquer. Nous essayons de nous retenir, mais nous n'avons pas trouvé un autre moyen que les coups pour nous faire obéir.

Réponse :

Un changement de conduite dans un foyer est comme le repentir. Ce processus ne peut pas s'effectuer en un seul jour, pour réussir il doit être accompagné d'une formation continue. En tous cas je vous félicite pour avoir le courage de dire "nous nous sommes trompés" ou même "nous nous sommes peut-être trompés" et je ne peux que vous encourager à prendre une nouvelle direction.

L'éducation par les coups appartient au passé et il est possible que c'était ce qu'il fallait et qu'on réussissait très bien de cette façon. Aujourd'hui, avec tous les changements sociaux qui ont lieu dans le monde entier et même en Israël, il est sur qu'il ne faut pas rester attaché aux anciennes habitudes et il faut aller courageusement vers l'avenir. Cependant je me sens obligé de vous raconter ce que j'ai entendu de la bouche de mon père zal, qui est né et a grandi à Jérusalem, il a étudié au Talmud Thora "Etz Hahaïm" et l'un des enseignants était le Tsadik Rav Arié Lévine zatsal. Au Heder les enseignants avaient l'habitude de frapper les élèves pour les éduquer à étudier la Thora. Certains même se vengeaient sur les enfants qui les dérangeaient. Les relations du Rav Arié Lévine étaient toutes différentes, il prenait l'enfant à part, lui tenait la main, le caressait gentiment et en même temps lui parlait, lui faisait entendre des paroles de morale sur son comportement, en général en quelques minutes l'enfant se mettait à pleurer pris d'un sentiment de honte et de profonde douleur face à l'amour que lui prodiguait le Rav Arié. A ce moment le Rav Arié Lévine donnait deux ou trois petits coup sur la main de l'enfant pour accomplir l'usage de "frapper les élèves". L'enfant pleurait alors encore plus et il se promettait dans son cœur de ne plus recommencer. Pour en revenir à notre question, il est écrit "celui qui économise son bâton hait son fils" cette phrase ne vient pas nous enseigner qu'il faut absolument frapper ses enfants car il est dit aussi "il l'aime et lui parle de morale", il n'est pas dit que si on l'aime on lui donne des coups, le principe est que toute éducation a deux directions, la première : "écartes toi du mal", la deuxième "fait ce qui est bien". Pour éduquer à s'écarter du mal, il faut mettre des limites qui ont pour but d'enseigner ce qui est bien et ce qui est mal. Comment un enfant peut-il deviner que dire des vilains mots est bien ou mal ? Souvent quand un enfant prononce des vilains mots, il voit un sourire sur le visage de ceux qui l'entourent alors comment peut-il savoir que c'est mal ? Il faut le gronder et lui dire que ce mot est vilain et qu'on ne s'en sert pas. Cela apprendra à l'enfant ce qui est mal et lui montrera les limites à ne pas dépasser. Dans des cas très extrèmes, quand un enfant fait quelque chose de très laid à un niveau qu'on aurait espéré qu'il se retienne, là parfois on peut très rarement, user d'un coup en réaction. Le rôle du coup est de lui dire : "tu as dépassé la ligne rouge" tu as dépassé la limite ce que tu n'aurais du faire en aucun cas " Mais ceci n'est qu'un seul côté de l'éducation car le principal est de continuer à lui apprendre "fais ce qui est bien". Encourager l'enfant à aider ses frères et sœurs, son père et sa mère, à dire la vérité et faire des bonnes actions. Là on est obligés de se servir d'outils pour le stimuler à des actes positifs. La confiance et l'amour sont les deux ingrédients principaux pour éduquer l'enfant à faire le bien. Quand les parents sont surs et sont confiants que leur enfant veut bien faire mais qu'il ne sait pas trop distinguer entre ce qui est bien et ce qui est mal, leur rôle est de l'entourer de beaucoup d'amour en l'enlaçant et lui donnant de petits coups sur l'épaule et de bonnes paroles, par exemple en le serrant et le caressant quand il donne de lui-même quelque chose à son frère, des mots de remerciements et de compliments. Tout ceci permet à l'enfant de discerner entre le bien et le mal et lui donne envie de faire le bien. Dans une telle situation, quand on gronde un enfant et à quelques exceptions on lui donne une tape sans lui faire mal, cela lui montre la voie, l'enfant comprend qu'il a dépassé la limite et de lui-même il revient à une conduite plus positive. Donc changez d'outils et au lieu de coup pour le mal, complimentez le sur ce qu'il fait de bien, au lieu de crier et de vous mettre en colère, montrez lui votre confiance et votre amour et dans peu de temps vous commencerez à voir des résultats positifs.

Traduit et adapté par Le Rav Nissim Atiyas - Directeur des institutions d'Elon Moré

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