Questions / réponses  |  Le 18-11-2010

Relations tendues entre une femme et ses beaux-parents


Question : Nous sommes mariés depuis plusieurs années. Mes parents étaient opposés à cette union. Encore aujourd'hui, à chaque fois que nous sommes invités chez eux, ma femme se sent offensée par les remarques de ma mère et celles des autres membres de la famille. Les reproches concernent les soins apportés aux enfants, la bonne tenue de la maison etc.
Je crains d'évoquer ce problème avec mes parents de peur qu'ils ne s'offensent eux aussi. Ma femme demande à ne plus aller chez eux. Nous sommes avant les fêtes et cela va sûrement les froisser. Que devons-nous faire?

Réponse :

L'intrusion des parents dans la vie d'un couple est sans aucun doute négative.
Il est interdit de profiter de la position de parents pour essayer de faire pression sur le jeune couple. Avant le mariage, les parents peuvent faire des remarques et ouvrir les yeux de leur fils ou de leur fille leur montrant l'erreur qu'ils sont sur le point de commettre. Ils peuvent aussi leur conseiller de consulter un tiers qui pourra les aider à prendre la bonne décision. Tout cela avant le mariage.
Après que le couple a fondé une famille, les parents ont seulement le droit de les soutenir et de les conseiller. Ils n'ont pas le droit d'offenser leur belle-fille.
Cela signifie que nous-mêmes en tant qu'enfants de nos parents, nous ne sommes pas obligés de subir leurs remontrances. Il est vrai que la Guémara, Kidouchin (31,a) rapporte l'histoire de Dama Ben-Netina qui était un notable non-juif de Rome. Un jour, sa mère s'approcha de lui, publiquement, déchira son vêtement et lui cracha au visage, lui ne réagit pas. C'est ainsi qu'il faut agir quand ceci arrive. Mais les enfants n'ont aucune obligation d'aller chez leurs parents, sachant qu'ils essuieront des affronts.
En vérité le fait d'aller ou non chez ses parents est de moindre importance, le principal étant de renforcer le lien entre vous et votre épouse. Un homme et sa femme deviennent une unité, véritablement un seul corps, selon le langage de la Tora: "Il s'unit à sa femme et ils deviennent une seule chair".
Chaque offense faite à votre femme est réellement une offense à vous-même. De même que vous craignez, à juste titre, de blesser vos parents, vous devez également préserver l'honneur de votre femme, mieux : éprouver personnellement sa douleur, conséquence de l'hostilité qui lui est témoignée.
En bon mari, vous devez "ressentir sa peine". Cette empathie ne conduit pas forcément à trouver une solution au problème (par exemple, prendre la décision de ne plus visiter vos parents). Avant d'envisager la solution, vous devez éprouver le sentiment d'être ensemble elle et vous, lorsqu'elle souffre, vous la comprenez et souffrez avec elle.
C'est un processus en lui-même. Quand il se réalise, toute la tension et la crainte de la rencontre avec vos parents prendront une toute autre dimension.
En conséquence, les solutions se présenteront différemment. Par exemple, si votre épouse ressent que vous êtes "avec elle" au moment où elle se sent blessée, il suffira parfois d'un regard entre vous deux, comme si vous lui disiez:" Peu m'importe toutes les insultes de ma mère, tu demeures ma femme, je t'aime et ce sera toujours ainsi". Cette sorte de regard plein de signification amoindrit tout et donne à chacun de vous la force de continuer. Vous pourrez ensuite discuter entre vous et décider si vous voulez continuer à vous rendre chez vos parents. Il se peut très bien que votre épouse vous dise que, dorénavant, cela ne lui pose plus de problème puisqu'elle sait que tous les deux ressentez l'offense.

Quant à la crainte de blesser vos parents, vous n'avez certes aucun droit de le faire, pas plus que de les blâmer et même de leur demander de cesser de parler comme ils le font. Mais vous pouvez dire à votre mère: "Maman chérie, j'entends tes paroles, mais sache que j'aime ma femme et l'accepte comme elle est, avec ses qualités et ses défauts. Sache que tous les mots rudes à son égard sont pour moi une offense directe. Tu peux continuer à nous blesser tous les deux, mais peut-être vaut-il la peine d'y réfléchir à deux fois.
Un tel propos signifiera à votre mère qu'elle ne réussira jamais à vous séparer.
Le rêve qui était le sien avant votre mariage, réussir à empêcher celui-ci, disparaitra.
Une fois que votre mère aura bien compris que jamais elle ne pourra ébranler votre union, ses critiques et ses reproches diminueront, et à leur suite, ceux de tous les membres de votre famille.

Traduit et adapté par Le Rav Nissim Atiyas - Directeur des institutions d'Elon Moré

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