Réponse :
"Les péchés commis envers son prochain ne sont pas pardonnés à Yom Kippour tant qu'on n'a pas demandé - et obtenu - le pardon de celui-ci". Tout au long de l'année, si on blesse une personne on doit lui demander immédiatement pardon. A plus forte raison, pendant les jours qui précèdent Yom Kippour. Mais cela n'est vrai que si on lui on lui a vraiment porté préjudice, physiquement, financièrement, ou si on l'a vexé. Toutefois si on s'est conduit avec droiture il n'est pas nécessaire de présenter des excuses même si la personne nous en veut.
Parfois, on entend quelqu'un en colère dire à son prochain qu'il ne lui pardonnera pas même à Yom Kippour. Un telle déclaration n'a aucune portée si de notre côté on n'a rien fait d'intentionnel pour le blesser. Donc notre mode de vie doit être basé sur des décisions honnêtes et droites et nous devons nous conduire en conséquence. Si une famille a le droit de garer sa voiture à un certain emplacement, personne ne peut l'en empêcher ou lui en porter rancune.
Un autre exemple : si on publie une offre d'emploi et qu'on choisit une personne parmi plusieurs candidats, ceux qui n'ont pas été retenus pourront-t-il dire au directeur qu'ils ne lui pardonneront pas même à Yom kippour pour la seule raison qu'ils n'ont pas été choisis? Il n'est pas pensable que l'employeur ait à leur demander pardon dans ce cas.
Soyez donc rassurés : si vous avez agi comme il se doit, que vous vous êtes garés au bon emplacement ou que vous n'avez pas élevé la voix avec l'aide ménagère, vous n'avez à demander pardon à personne.
S'il s'agit de vos enfants, la situation est différente. Le principe reste bien entendu le même : si vous les avez grondés à bon escient, quand leur conduite n'aura pas été bonne, vous aurez en tant que parents fait votre devoir. Les parents doivent fixer des limites à leurs enfants.
Je poserai aussi la question suivante: est-il pensable que des parents qui ont été amenés à frapper leur enfant (dans le cadre autorisé par la Halacha) pour l'éduquer aient à lui demander pardon ? Inversement, s'ils l'ont blessé injustement, par exemple s'ils l'ont ridiculisé devant la famille ou des étrangers alors que cela n'était pas nécessaire pour son éducation, ils devront bien entendu, lui demander pardon. On pourrait rétorquer que ce serait honteux pour des parents de demander pardon à leurs enfants car contraire à la mitzva d'honorer ses parents. La réponse est qu'un tel acte augmente l'honneur des parents. Nous éduquons nos enfants dans le principe que lorsqu'on a commis une erreur, on doit le reconnaître et faire techouva. Quel plus grand exemple peut-on donner aux enfants que celui de parents reconnaissant s'être trompés envers eux et leur demander pardon. Quelle leçon en retireront les enfants ? Que leurs parents sont des faibles ou au contraire les verront-ils capables de se conduire avec droiture et noblesse, sachant reconnaitre leurs fautes et s'en excuser?
Il est bien entendu, que si tous les matins les parents se trompent et que tous les soirs ils s'en excusent, il y aura là un changement de comportement radical à adopter. Mais si au cours de l'année se produisent quelques cas isolés d'erreurs de la part des parents, ce ne sera qu'à leur honneur de reconnaitre leurs fautes et de se les faire pardonner. Ainsi ils se feront apprécier par leurs enfants, gagneront leur amour et auront le mérite de les voir marcher dans le droit chemin.
Traduit et adapté par Le Rav Nissim Atiyas - Directeur des institutions d'Elon Moré