Questions / réponses  |  Le 23-11-2010

Dispute avec ses beaux-parents, judaïsme


Question : Une grande dispute a éclaté, il y a quelques mois, entre mes beaux-parents et moi. J'ai alors demandé à mon épouse de ne plus rendre visite à ses parents ni de répondre à leurs appels téléphoniques.
Elle a accepté de le faire, mais par la suite elle a affirmé ne pas pouvoir être en mesure de rompre totalement les relations avec ses parents. Cela m'irrite et j'estime qu'étant son mari, je suis en droit de lui imposer cette mesure. Elle pleure souvent et prétend que je cherche à la briser. Je ressens son insensibilité à préserver mon honneur, car une épouse se doit d'honorer son mari bien plus que ses parents.

Réponse :

Dans votre question, vous soulevez plusieurs points et je ferai de mon mieux pour les considérer tous.
Premièrement la dispute entre vous et vos beaux parents: cette situation ne peut en principe avoir lieu car "chacun se doit de respecter ses beaux parents" (Choulhane Arou'h Yoré Déa 240).

Quand bien même vous avez des reproches à leur égard, vous ne pouvez réagir par la colère ou par des cris.
Je n'ignore pas qu'il y a des cas bien plus compliqués, mais il faut savoir que tout problème a une solution. Et dans tous les cas, il faut éviter la dispute.
Deuxièmement votre résolution de ne pas rendre visite : on ne peut réparer une erreur en en commettant une autre. Chaque erreur est une impasse. Pour la réparer, on doit choisir une voie saine et bonne sans s'enfoncer sur la voie sans issue.
Les parents ont le droit de punir leurs enfants, mais ceux-ci n'ont pas le droit de punir leurs parents pour "leur donner une bonne leçon"!!!
On peut décider d'écourter les visites, ou s'efforcer de ne pas soulever des sujets à controverse. Il n'est pas pensable qu'un couple rompe les liens avec des parents, sûrement pas sur la décision d'un seul des deux et bien plus encore lorsqu'il s'agit de leur gendre.
Parfois, lorsque le comportement des parents envers leurs enfants est vraiment intolérable, comme le dédain, le dénigrement, les paroles blessantes, on peut arriver à une conclusion conjointe, qu'il serait préférable de suspendre les visites un laps de temps, mais seulement par le consentement et l'accord des deux époux.
Troisièmement, votre colère envers votre épouse : lorsque notre matriarche Ra'hel réclame de Yacov de la rendre mère, il se met en colère (Genèse 30). Dans le Midrach Raba (Genèse 71), nos sages critiquent la réaction de Yacov et mentionnent qu'au sujet d'Avraham il est dit : "Avraham écoute la voix de Saraï (Genèse 16) et Avraham est appelé "Sage".
Yacov, lui, réagit par la colère, à la suite de laquelle D'- dit "Est-ce ainsi que l'on traite les gens en détresse, sur ta vie tes fils se prosterneront devant les siens".
Ainsi un homme ne doit jamais être en colère contre sa femme, et surtout pas pour la raison que vous soulevez, à savoir que l'épouse doit le respect à son mari et votre sentiment est que la vôtre ne respecte pas votre décision.

Je vous pose la question suivante : si vous maintenez votre colère, que supposez-vous ? Que celle-ci l'inciterait à vous respecter davantage, ou bien alors obtenir l'effet contraire ?
Je soumets cette question afin d'éclaircir où aboutit une réaction incompatible.
Je n'ai pas l'intention de vous dire de cesser votre colère pour que votre épouse revienne à vous respecter, car ceci est aussi erroné, car on n'agit pas pour se voir honoré, on doit fuir l'honneur.
Mon but est de vous démontrer où est le vrai afin que vous voyiez les conséquences nocives de votre réaction.
J'ai énuméré quelques enseignements :
Ne pas se brouiller avec les parents,
Ne pas réparer une erreur par une autre erreur
Ne pas rompre les liens avec les parents et surtout pas sur une décision unilatérale.
Ne pas se mettre en colère contre son épouse
Et maintenant la question, que faire ? Tout se résout par la communication entre le couple, en partant du fait que chacun est égal à l'autre, et aucun n'a le droit d'imposer à l'autre ce qu'il ne consent pas.
Il se pourrait que dans la situation actuelle vous ne puissiez dialoguer sereinement, alors un tiers, un autre couple, des amis pourraient vous aider à rejoindre de meilleurs horizons, analyser les évènements subis et décider ensemble, sur le chemin à suivre à l'avenir.
Ce chemin serait celui où tous deux longeriez dans une harmonie commune.

Traduit et adapté par Le Rav Nissim Atiyas - Directeur des institutions d'Elon Moré

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