Questions / réponses  |  Le 23-11-2010

Refuser l'aide économique des parents ?


Question : Agé de 18 ans, j'ai entamé des leçons de conduite. J'ai économisé dans ce but, en travaillant pendant les vacances.Voici quelques jours, mon père me fait savoir qu'il assumerait le coût de ce permis de conduire. J'aimerais tant être indépendant et ne pas avoir recours à l'aide familiale. Que mon père débourse pour moi me peine. Dois-je persévérer dans mon refus ou répondre à son désir?

Réponse :

Il y a lieu de vous féliciter pour votre sensibilité envers vos parents.
Quelquefois, par habitude, on leur répond sans prêter attention.
Le problème qui nous préoccupe découle d'un principe fondamental dans la relation parents-enfants. D'un côté on aspire à l'indépendance et à la liberté, alors que l'obligation de respecter nos parents limite cette aspiration. Il est évident que la juste pensée est tout à fait différente, car il est clair que tout nous limite : les lois de la circulation, les lois de la morale, etc…
La question est de savoir à quel genre d'indépendance et de liberté nous aspirons. Nos sages nous enseignent que le véritable homme libre est celui qui pratique la Torah.
Notre première liberté est celle de l'Esprit, celle qui va permettre à notre vérité intérieure de s'imposer.
Penser ce qui est bon pour nous sans être influencé par des courants extérieurs tels que la publicité, l'internet, les médias et toutes les autres forces qui nous droguent et nous entraînent dans des directions qui ne conviennent pas à notre âme.
Tout ceci est contenu dans le texte précité :"l'homme libre est celui qui est attaché à la Torah".
En outre, il y a aussi une liberté extérieure : ne pas être soumis à l'argent, au public d'électeurs lors des élections, etc…
Le roi Salomon, dans sa sagesse, nous apprend que la réalité extérieure ne correspond pas toujours à la réalité intérieure. "Il y a des esclaves innés qui montent à cheval comme des princes, en revanche, il y a des princes qui se comportent comme des esclaves". (Kohelet 17)

Revenons à votre question, nous trouvons deux enseignements dans le concept de la cellule familiale, le premier dans la Torah :
"ainsi l'homme quittera son père et sa mère" (Berechit 2-24)
La Torah nous conduit vers la séparation avec les parents, à se détacher de leur dépendance, et ce à l'âge adulte.
Un enfant dépend de ses parents tandis qu'un adulte peut déjà se forger et s'approprier sa vie hors du contexte famililal.
Par contre, il y a un second enseignement, d'après nos sages:
Avimi fils de Baria Dari enseignait : "certains nourrissent leur père de délices et se retrouvent en gehenne (l'enfer), d'autres leur font tourner les moulins et méritent le monde futur."
Explication : parfois, le fils honore son père et lui procure du bien être mais cela le met mal à l'aise, car le père se sent un fardeau pour son fils.
En revanche, celui qui fait travailler son père lui donnera la sensation d'être utile.
Je suppose que vous étudiez la Torah et votre désir d'indépendance et celui d'appliquer le verset "il quittera ses parents.." sont louables.
Mais en fait il ne s'agit là que d'indépendance pécuniaire, ce qui n'a plutôt qu'une valeur extérieure.
Il faut commencer par acquérir une indépendance intérieure.
Justement dans ce domaine, vous pouvez accepter de votre père le principe d'enseigner à son fils "l'art de l'équitation".
Concentrez-vous plutôt sur la maîtrise de la liberté intérieure, qui, en fin de compte, vous apportera aussi la liberté extérieure, vous pourrez alors "chevaucher" et voyager (avec prudence!) sur les bons chemins.

Traduit et adapté par Le Rav Nissim Atiyas - Directeur des institutions d'Elon Moré

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