Question :
Notre fils de 15 ans a grandi avec tous nos enfants dans le bonheur et a été éduqué dans la crainte de D.. et la stricte observance des mitzvot. Ces derniers temps il vit une véritable révolution, qui a commencé par des rencontres avec des jeunes de son âge, des sorties le soir, et des retours tard la nuit sans explications. Aujourd'hui cette situation nous fait beaucoup de mal. Il a décidé de ne pas observer les mitzvot, il ne se couvre plus la tête et bien entendu il ne prie plus. En revanche, à la maison il est très discret, il ne fait pas de choses qui vont contre nous ou contre la Thora.
Ma femme et moi nous nous demandons s'il faut l'éloigner de nous ou au contraire le rapprocher.
Réponse :
Si je m'en réfère à votre description, il semble que votre fils soit plutôt positif, il ne fait pas exprès d'aller contre vous, mais il est entraîné par de mauvaises fréquentations.
Nous voyons dans "Messilat Yécharim" (le sentier de rectitude 5), qu'il y a trois choses qui nous entraînent dans les mauvaises voies: les préoccupations du monde, la frivolité et les mauvaises fréquentations. Les deux dernières étant liées puisque les mauvaises fréquentations font qu'on s'intéresse à des frivolités, comme rires et moqueries. Il est très difficile de persuader un adolescent de quitter ses amis car il a l'impression de se séparer d'une partie très importante de sa vie. En principe, la vie de société est une chose saine et bonne "Il n'est pas bon que l'homme soit seul", les diversités d'opinions ajoutent des nuances dans le choix de nos idées etc.. bien entendu quand c'est dans le cadre d'une bonne société comme le dit Rabbi Yéhochoua (Avot 2-13) "Quelle est la bonne voie que l'homme doit suivre? avoir un bon ami", donc le fait d'avoir des amis est une bonne chose mais encore faut-il que ces amis n'aient pas de mauvaise influence sur lui et l'entraînent là où il est arrivé.
Revenons à la question du comportement que vous devez avoir envers lui :
Dans la Haggadah de Pessah nous lisons à propos du fils Racha (mauvais) qui demande : que signifie pour vous ce rite ? Dans la Thora elle-même nous trouvons une excellente réponse à cette interrogation : vous répondrez: "C'est le sacrifice de la Pâque en l'honneur de l'Éternel, qui épargna les demeures des Israélites en Egypte, alors qu'il frappa les Égyptiens et voulut préserver nos familles." Par contre nous sommes étonnés de voir la dureté de la réponse que nous donne le rédacteur de la Haggadah : "puisqu'il s'exclue de la société et qu'il en renie les fondements, dis lui de façon véhémente : c'est pour cela que D.. a fait pour moi et par pour lui et s'il s'était trouvé en Egypte il n'aurait pas été délivré.
Par contre on retrouve la réponse suggérée par la Thora chez le fils qui ne sait pas questionner, quel est donc le rapport avec le mauvais fils ? Il semblerait qu'il y ait en fait deux sortes de mauvais fils, Racha par désir et racha pour aller à l'encontre. Le premier est attiré par les plaisirs du monde ou par de mauvaises fréquentations et il est entrainé à se détacher de la Thora, c'est à ce genre de racha que répond la Thora et nous conseille de lui donner une réponse recevable et claire qui dit en fait :"tu nous as choisis parmi tous les peuples" quand le St béni soit-Il frappe l'Egypte tout en évitant les maisons des israélites, c'est une preuve évidente du choix du peuple d'Israël en le séparant des autres. Donc la réponse à celui qui pêche entrainé par ses penchants est de le relier avec la mission d'Israël dans le monde. Pour les autres nations il n'y a aucun mal à se laisser entraîner par ses penchants mais pour Israël c'est nuisible et entame sa mission divine.
La réponse est tout autre pour le "racha" qui fait exprès d'aller à l'encontre, il se met lui-même à l'écart de la société en demandant "quel est donc ce rite pour vous", donc pas pour lui. Ce "racha" comme le suggère le rédacteur de la haggadah, il faut prendre ses distances envers lui.
Si nous revenons à votre question, votre fils appartient à la première catégorie. Associez-le à l'histoire des juifs, parlez en famille de la présence divine qui nous accompagne toujours depuis la sortie d'Egypte jusqu'à ce jour, montrez lui que Hakadoch Barouh hou est toujours avec nous aussi bien dans les exils difficiles que nous avons traversés et bien entendu les époques de délivrance tout au long de notre histoire, continuez à le traiter comme un fils aimé faisant partie du Peuple d'Israël et grâce à l'amour ses penchants vont disparaître et il rejoindra votre famille.
Traduit et adapté par Le Rav Nissim Atiyas - Directeur des institutions d'Elon Moré